Kowal par son entraîneur

Le duo Petitbreuil-Kowal se fréquente depuis 2004. © THOMAS VANDERBERGUE Le duo Petitbreuil-Kowal se fréquente depuis 2004.
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3 000 MÈTRES STEEPLE Le champion d’Europe débute les séries demain à 4 h 25 heure française. L’occasion de revenir sur son parcours avec son coach, Patrick Petitbreuil.

Voilà maintenant plus de dix ans que Yoann Kowal et Patrick Petitbreuil ont tracé ensemble leur route athlétique. « Il y avait les régionaux de cross à Gujan. Il était cadet 2 (en 2004) et était venu me voir pour que je l’entraîne. C’est parti comme ça », narre Patrick Petitbreuil, qui a d’emblée vu son potentiel.
« Même avant qu’il vienne. Car un gamin qui fait 35 minutes aux dix bornes en minimes 2, il a quelque chose. Mais ce potentiel n’était pas exploité. »
Grâce à un entraînement plus calibré et adapté à son âge, Yoann Kowal progresse vite. Son talent se matérialise en 2006 avec une sélection aux Mondiaux de cross juniors, puis en 2007 aux Mondiaux juniors sur 3 000 mètres steeple à Pékin.

Alors qu’il se dirigeait progressivement vers le 1 500 mètres, il manque un athlète sur le steeple pour le premier tour des interclubs. « Yoann a dit ‘‘pas de problème, je le fais’’. On a fait quelques barrières avant la course, et le dimanche, il a fait les minima pour les Mondiaux. »

En 2009, Kowal signe sa première sélection chez les seniors à Turin, aux Europe indoor sur 1 500 mètres. Premier podium, une médaille de bronze inattendue. « Avec l’expérience que j’ai, je sais maintenant que tout peut se passer en finale », glisse le coach, ancien coureur de 800 mètres.
De quoi le lancer vers les sommets ? Cinquième des Europe l’année suivante à Barcelone, Yoann Kowal ne parvient pas à se qualifier pour une grande finale planétaire, autant à Daegu en 2011 aux Mondiaux (« je ne peux rien lui dire, il était à son niveau », souligne Patrick Petitbreuil) qu’aux Jeux de Londres, où le placement tactique lui a fait défaut, ce qui lui arrive encore. « À Londres, il fait deux belles erreurs. C’est lui qui perd la finale. On a regardé une fois la course ensemble, il ne veut plus la voir. »

Jamais d’engueulade
Un échec à même de faire douter l’entraîneur ? Le duo discute, mais il n’y a pas d’incartade. « On ne s’est jamais engueulé » relève Patrick Petit-Breuil. « Jamais », abonde Yoann Kowal, avant de se marrer : « Sauf quand j’amenais en junior des cacahuètes à l’entraînement. »
Kowal sort des Jeux olympiques dégoûté, et décide alors de monter vers le 3 000 mètres steeple. En même temps, il devient plus mature, apprend à canaliser sa fougue, lui qui s’est déjà entraîné trois fois par jour comme les Kényans et a déjà enchaîné plusieurs consécutifs stages à haute altitude, au risque d’être cramé à son retour en France. « C’était important de faire ces erreurs pour connaître mes limites physiques et mentales. »
Bref, il trace son chemin, toujours avec Patrick Petitbreuil à ses côtés. « J’ai beaucoup appris, en discutant aussi avec les autres coaches », précise le technicien de peinture à la SNCF. Il est détaché 25 jours par an depuis Londres pour suivre la préparation de son athlète.
Le champion d’Europe abonde : « C’est une bonne collaboration. C’est une fusion. J’aime car il est à l’écoute. Il n’est pas fermé, peut adapter l’entraînement et casser les repères quand j’en ai besoin. »
L’investissement est récompensé à Moscou il y a deux ans où sa place de finaliste fait son bonheur. « C’était notre première finale mondiale. Huitième mondial, ce n’est plus pareil, tu es quand même reconnu », glisse le coach.

« Je suis fier de lui »
Avant cet incroyable scénario l’été passé à Zurich. En séries, Kowal ne passe pas loin de la correctionnelle. Le jour de la finale, Petitbreuil sent que son athlète n’est pas dans les meilleures dispositions. « Je lui ai parlé pendant une heure. Je lui ai dit “donne tout, profite, qu’est ce que tu as à perdre ?’’ »
On connaît la suite, cette deuxième place avant le titre consécutif au déclassement de Mahiedine Mekhissi. « L’année 2014 avait été une difficile. Ah oui, c’est la plus belle émotion que j’ai eue. Je suis fier de lui. Après, je l’entraîne, mais ce n’est pas moi qui suis sur la ligne de départ. Ce n’est pas moi le champion d’Europe. »
En prime, Yoann Kowal s’offre une notoriété qui n’ébranle pas son coach, élu parmi les meilleurs entraîneurs européens en 2014. « Franchement, je ne me prends pas la tête. Je ne sens pas d’attente particulière depuis son titre. »

Yoann Kowal
Cette relation entraîneur-entraîné déborde du cadre de la simple performance. Alors que ses parents étaient divorcés, Kowal avait pris à 16 ans un appartement pour être plus proche du CFA où il était en
apprentissage. « Il venait souvent à la maison », rapporte le coach.
« C’est comme un second père. Je l’ai tous les jours au téléphone. Il a quand même une grande importance dans ma vie », conclut Yoann Kowal.

Quentin Guillon à Pékin - Article paru dans Sud-Ouest du 21 août 2015

 

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