« Je vise un top 3 »

Kowal s’est arraché pour devancer Kemboi : le Périgourdin se qualifie directement en finale pour un centième. ©PHOTO AFP Kowal s’est arraché pour devancer Kemboi : le Périgourdin se qualifie directement en finale pour un centième.
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Yoann Kowal a montré hier en série qu’il pouvait être déterminé et ambitieux pour la finale de demain. Il y croit, c’est le principal.

Le steepler périgourdin n’a jamais vraiment tremblé hier matin sur la piste londonienne pour son entrée dans ces Mondiaux. Dans la deuxième série,

il a réalisé une course d’attente tout en maîtrise sans puiser dans ses retranchements. Il s’est signalé à deux tours de l’arrivée pour finir derrière l’Américain Evan Jager, vice-champion olympique, et l’Éthiopien Seboka, en 8 min 20 sec 60. Seule frayeur, sur la ligne, où il bien failli se faire doubler par le Kenyan Kemboi. Mais pour un centième, Kowal passe directement en finale. Rendez-vous demain soir à 22 h 10 heure française.

« Sud Ouest ». Quel est votre sentiment à l’issue de cette série où vous vous qualifiez pour la finale ?

Yoann Kowal. Comme aux Jeux de Rio, je n’ai plus peur à 30 ans de parler à mes adversaires avant la course. Je leur ai dit que si on partait sur moins de 8 min 22 sec, on pouvait être potentiellement un gros paquet à passer en finale. Finalement, on est parti lentement, puis le train s’est fait progressivement. C’est peut-être moi qui me suis monté le plus lâche entre guillemets car je n’ai pas mené du tout. Si ce n’est à 800 mètres de la ligne, là c’est le plus facile. J’ai mené sans vraiment me faire très mal et de façon progressive. Je suis content car ça montre je peux finir un dernier mille en 2 min 40 sec sans me mettre dans le rouge. Ce n’était qu’une série, il faut récupérer pour la finale. Car mardi (demain), ce sera autre chose et il faudra être prêt.

« Sud Ouest ». Avez-vous respecté votre stratégie ?
Yoann Kowal. Elle consistait à passer devant si c’était lent, afin de mettre un train pour avoir un chrono. Je ne suis passé devant qu’à deux tours de la ligne mais j’ai quand même mené. Mais l’objectif, c’était la qualification pour la finale. Et le coach (Patrick Petitbreuil) me fait confiance, il n’y avait pas de consignes strictes sachant qu’on ne sait pas comment vont courir les adversaires. Et ça, c’est à prendre en considération.

« Sud Ouest ». Les séries, n’est-ce pas quelque chose que vous maîtrisez bien ?
Yoann Kowal. Oui et non. C’est parti sur 2 min 50 sec et je n’étais pas très à l’aise. Plus ça accélérait, mieux je me sentais. Heureusement, car il y avait un gros paquet. Ça s’est vraiment décanté sur la fin. Et finir dans le top 3, c’était l’idéal. C’est ce qu’il faut retenir car je n’ai pas laissé trop de jus.

« Sud Ouest ».Vous êtes-vous fait peur sur les 100 derniers mètres lorsque l’Éthiopien Sebuka et le Kényan Kemboi sont à vos trousses ?
Yoann Kowal. Oui, car lorsque je me retourne après la dernière barrière, je vois qu’ils sont loin. Je regarde l’écran géant et l’effet d’optique me donne l’impression qu’ils sont encore loin. Je déroule, je suis content et soudain j’entends un souffle dans mon cou et je vois l’un à droite, l’autre à gauche et j’ai juste le temps de faire un petit cassé pour passer devant Kemboi. Mais il passe au temps car notre série était la plus rapide.

« Sud Ouest ». Vos sensations pendant la course étaient-elles bonnes ?
Non surtout sur le départ. Sur la fin en revanche, j’ai retrouvé mon allure. Une fois qu’on est devant, ce n’est plus pareil. C’est ça aussi l’expérience. Quand tu es jeune, tu restes derrière car tu n’oses pas mener. Mais une fois que je suis à côté de Jager, je me dis que j’ai juste à assurer techniquement mes barrières, à être propre sur les rivières. Et je sais que les Africains ont du mal à être efficace quand ça va assez vite. Là-dessus, on peut gagner quelques secondes. C’est sur cet aspect que j’ai gagné ma qualification.

« Sud Ouest ». Comment imaginez-vous le déroulement de la finale ?
Yoann Kowal. Je pense que Jager a vu que Kipruto n’était pas trop en forme. Le Marocain Elbakkali est pas mal et si Mahiédine (Mekhissi) est là, c’est qu’il est très bien. Je pense que ça va courir vite. Il y a beaucoup de clients potentiels à moins de 8 min 10 sec. Si ça va vite ou si c’est lent, je suis prêt. Il n’y a plus qu’à. Je me prépare depuis des années pour être en finale, j’y suis encore aujourd’hui. Dans mon esprit, je n’ai pas peur de dire que je vise une médaille. Même si les gens pensent que j’en suis très loin, j’ai envie d’avoir des ambitions et d’y croire. Ça va peut-être exploser dans tous les sens. Mais il faut que j’aie les dents longues, que j’y crois jusqu’au bout afin de me faire plaisir avant tout.
« Sud Ouest ». On doit s’attendre à un Kowal super ambitieux alors ?

Yoann Kowal. Il faut. L’an passé à Rio, je visais un top 6, je termine 5e. Je m’en satisfais pendant la course et je ne vais pas chercher un plus devant. Si je vous annonce un top 3, je vais peut-être y arriver. Même si je me fais tailler après, j’ai envie d’être ambitieux et c’est le principal. Je voulais l’annoncer avant, mais ma femme m’a dit « arrête, si tu te fais sortir en série ça ne va pas le faire ». Je terminerai peut-être 15e ou 3e. Mais si je donne tout, ce sera une satisfaction personnelle.

PROPOS RECUEILLIS PAR ALAIN GOUJON, ENVOYÉ SPÉCIAL - Article paru dans Sud Ouest le 7 août 2017

 

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